Stage psychomotricité J2

Journée hôpital de jour. 

MATIN

9h : Échange au sein de l’équipe soignante de l’hôpital de jour 

On commence tous les jours à neuf heures, mais ce matin la première activité était à 11h30, donc on a d’abord passé beaucoup de temps dan la salle où toute l’équipe de l’hôpital de jour a l’habitude de se retrouver. 


Les deux psychomotriciens se sont réparti les deux patients nouvellement orientés en relaxation. L’un d’eux vient d’addictologie, et a selon eux été orienté trop tôt par le psychiatre : les outils tels que la relaxation doivent être amenés au patient addict au moment où il en ressent le besoin. Lui n’en est pas encore là, il est encore complètement sous l’emprise de ses substances, et ne se sent donc pas submergé par son anxiété. Un patient addict Délègue la gestion de ses affects à une substance, et a donc besoin de reprendre de l’autonomie, il ne faut pas le surcharger de prises en charge mais au contraire le laisser libre et attendre ses demandes.
Les deux psychomotriciens m’ont raconté le cas d’un patient pour qui ils avaient mis en place quatre médiations d’un coup, et qui allait visiblement de plus en plus mal, il se laissait infantiliser et ne faisait plus rien pour aller mieux, il était devenu passif, jusqu’à ce qu’ils suppriment deux médiations sur les quatre et il a commencé à remonter la pente. 


Le psychomotricien a aussi répondu à ma question d’hier : Les patients n’ont pas besoin d’un enregistrement pour faire la relaxation, ils doivent retenir la sensation d’être relaxés et tenter de l’atteindre de nouveau sans guidage. La première patiente d’hier avait essayé au tout début de sa prise en charge d’apprendre par cœur ce que disait le psychomotricien, pour refaire la séance de mémoire seule chez elle. Ça n’avait aucune efficacité, c’était juste un exercice cognitif supplémentaire par rapport à ce qui lui occupait déjà l’esprit au quotidien. 


Il m’a parlé des patients que j’avais vus à l’hôpital de jour hier, c’était intéressant parce que ça m’a permis de mieux les comprendre, mais en même temps ça m’a donné des préjugés sur eux (je les retrouvais tous les trois aujourd'hui, deux en sport et une au groupe de parole). 

11h30 : Groupe sport

On a fait du basket
Échauffement, quelques exercices de dribble et de tir, puis un match avec deux équipes qui s’affrontent. 
Cinq patients (que des hommes assez jeunes), deux infirmiers, le psychomotricien et moi. 

MIDI

13h : Déjeuner avec les patients du groupe sport

On mange la nourriture de l’hôpital dans une salle commune de l’hôpital de jour, qui comprend un salon, puis un espace avec des tables et des chaises. Les patients sont très peu bavards, pourtant les quatre hommes qui sont restés manger avec nous avaient l’air de bien s’entendre au basket (un est venu uniquement pour le basket, et a l’air d’habiter chez ses parents le reste du temps). 

APRÈS-MIDI

14h : Réunion de service de l’hôpital de jour

On a parlé des patients compliqués, pour qui les soignants ont l’air de s’inquiéter. 
Un homme schizophrène ne vient plus depuis quelques jours, une infirmière l’a appelé il ne vient pas ces jours-ci parce qu’il est un peu malade. Il est censé prendre son traitement à l’hôpital de jour, et ne l’a donc pas chez lui. Il vit chez son ex-femme, qui a dit à l’infirmière au téléphone qu’elle était trop occupée pour venir chercher ses médicaments, et qu’elle lui donnait un ancien traitement qui lui restait chez elle. L’équipe se demande si ses troubles cognitifs ne viennent pas d’effets secondaires des médicaments inadaptés que lui-donne son ex-femme, notamment ils supposent qu’elle lui donne du Valium à dosage trop élevé. 


Un homme schizophrène ne vient plus depuis quelques jours, il a arrêté de prendre ses médicaments et a tendance à être un peu agressif envers sa famille quand il ne les prend pas et ne va pas bien. Sa femme a téléphoné plusieurs fois au SAMU, à la Police, mais il a refusé l'hospitalisation et personne n’a pris la décision de l’hospitaliser sous contrainte. Sa femme et sa fille sont donc parties chez la grand-mère, le laissant seul au domicile familial, attendant « qu’il soit à l’agonie » selon leurs termes, c’est-à-dire que ses symptômes dépressifs le poussent à revenir consulter au CMP. 


La famille d’un patient qui n’était pas là depuis hier a appelé pour dire qu’ils l’avaient retrouvé mort chez lui, il avait une mauvaise santé à force de ne pas prendre soin de lui, puis à cause des effets secondaires d’années de neuroleptiques. Un médecin légiste est chargé d'identifier la cause exacte de sa mort. 

15h : Groupe « aptitudes relationnelles et gestion des émotions » 

Groupe de parole animé par le psychomotricien et une psychologue
Seulement deux patients aujourd’hui, dont une qui n’a pas voulu s’exprimer. 
Dans une salle avec des fauteuils disposés en cercle et un tableau. 
On a abordé la prise de décision
Le seul à parler était donc un patient qui était ici pour la schizophrénie. Il partait dans son délire en lien avec la musique, histoire d’un alter ego (avec une définition erronée du terme) qui écrirait à sa place. Il serait aussi en lien avec un artiste qu'il admire.

16h : Réunion où les infirmières du CMP présentent les cas vus en premier entretien. 

Des représentants de tous les services. Présentation de cinq nouveaux patients vus en premier entretien par des infirmières.

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