Stage psychomotricité J1

Tous les matins à neuf heures on retrouve les autres soignants dans la salle de réunion et on prépare la journée. Il faut regarder les mails sur l’ordinateur et prendre des nouvelles du service (les autres soignants étant au courant de ce qui s'est passé à d’autres jours ou à d'autres horaires). 


Ce matin, on avait trois consultations au CMP pour faire de la relaxation avec des patients ayant des problèmes d’anxiété. Donc on monte au CMP et on regarde les dossiers des patients voir ce matin, puis on relit celui de la patiente qui va arriver (comme on fait entre chaque patient). 


La première patiente était une femme de 29 ans, très dynamique et entreprenante, qui a une poste à responsabilités dans une entreprise. Elle est venue d’elle-même au CMP il y a quelques mois, consulter pour de l’anxiété. Elle a une histoire familiale compliquée, a toujours été habituée à beaucoup travailler et ne jamais se poser ni prendre le temps de comprendre ce qu’elle ressent. aujourd’hui où elle commence à aller mieux, c’est dans les moments qu’elle prend pour elle que les angoisses reviennent. Elle somatise beaucoup, elle a « la boule au ventre », des douleurs au dos, des crises d’angoisse où ses membres s’engourdissent et elle a l’impression d’étouffer.  
Elle a rapidement pris le pli de l’introspection et analyse très bien ce qui lui arrive. Elle a l’habitude de tout faire très vite, et sa guérison de l’anxiété est trop lente à son goût (elle est pourtant très rapide par rapport à la moyenne). Après la relaxation, elle a expliqué qu’elle arrivait à se détendre quand elle la faisait au CMP avec le psychomotricien, ou chez elle si son copain la faisait aussi, mais pas seule : elle a besoin d’impliquer une autre personne pour s’autoriser à se relaxer. 
Elle est très curieuse, le psychomotricien lui a conseillé de lire un livre sur les émotions pour qu’elle apprenne à faire attention aux siennes. Elle revient dans un mois, et n’a pas d’autre suivi au CMP. 


La deuxième patiente était une jeune femme de 22 ans, beaucoup plus renfermée, étudiante en anthropologie. Elle a aussi une histoire familiale compliquée, vit actuellement avec son père, et sa sœur avec qui elle a une relation tendue. Elle est allée aux urgences il y a deux semaines pour une crise d’angoisse violente lorsqu'elle était toute seule à la maison pour une semaine sans internet, son seul soutien social étant les SMS d’une camarade de fac qui n’ont pas suffi. Elle est aussi sortie en pleurant au milieu d’un exposé qu’elle n’a pas pu préparer comme elle le voulait, à cause de la même coupure d’internet, elle a heureusement obtenu le soutien de sa prof qui lui a laissé plus de temps et va le présenter avec elle. 
Elle a confié qu’elle avait des flashs lorsqu’elle est stressée, elle se voit se jeter sous le train quand il est trop plein, ou lorsqu’elle se disputait avec sa sœur au ski elle s’imaginait avoir des accidents. Elle a une envie de disparaître qui revient fréquemment. Le psychomotricien lui a alors proposé de l’adresser à un psychiatre pour éventuellement prendre des antidépresseurs, elle n’est pas contre. 
Au début de la consultation, elle est arrivée toute tremblante, avec une posture fermée, les yeux baissés. C’est d’ailleurs la seule qui a à peine osé me regarder. Elle s’est détendu petit à petit en parlant, et était plutôt contente de faire une séance de relaxation. 
Elle revient dans trois semaines, et est aussi suivie par une psychologue. 


La troisième patiente était une dame de 65 ans, qui travaillait dans l’administration d’une entreprise d’aide à la personne, et a été cassée par dix ou quinze ans de relations de travail malsaines, et un divorce qui l’a profondément blessée, suite auquel elle a perdu contact avec son fils jusqu’à il y a deux mois. C’est une femme très altruiste, qui donne beaucoup jusqu’à s’oublier. Elle vit avec pas mal d’animaux par qui elle se laisse mener, notamment par ses chiens pour qui elle se lève la nuit s’ils veulent sortir. Depuis quinze ans, elle s’isole pas mal socialement et passe des journées dans son lit à pleurer. Récemment, ça commence à aller mieux, elle s’est inscrite à une activité patchwork dans un groupe, a renoué avec une ancienne collègue qu’elle envisage d’aller voir prochainement. Elle négligeait beaucoup son hygiène et son apparence au début où elle venait, depuis quelques temps elle a entrepris un régime et perdu pas mal de poids (j’ai demandé au psychomotricien si elle avait grossi parce qu’elle allait mal il ne savait pas), et aujourd'hui elle était bien habillée, maquillée, parfumée, et assez souriante. 
Elle n’exprime pas ce qu’elle ressent, son récit était principalement descriptif et après la relaxation elle s’est contentée de dire merci. Elle n’arrive pas à reproduire la relaxation chez elle, ce qui est vraiment dommage car ça lui donne envie de dormir et lui permettrait de gérer ses troubles du sommeil. 


L’après-midi, on a fait un groupe de musique avec trois patients de l’hôpital de jour, il manquait trois chanteuses : deux patientes, et l’ergothérapeute qui était en arrêt maladie. J’ai donc fait chanteuse pour soutenir la patiente qui chantait seule, mais je ne connaissais que deux chansons sur tout le répertoire et je n’avais jamais chanté dans un micro. 


Je me suis posé plusieurs questions que j’ai oublié de poser au psychomotricien aujourd’hui (elles arrivent pendant les séances donc je dois les garder en tête pour plus tard) : 
Les patientes du matin sont censée refaire des séances de relaxation chez elles, grâce à quel support ? 

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